L’oie présente un intérêt particulier pour DOKAS parce qu’elle correspond à une logique de production intégrée, adaptée aux ressources locales et à la diversification des protéines animales. Elle valorise efficacement les herbes et autres aliments riches en fibres, peut être conduite en plein air et nécessite des infrastructures relativement simples. Sa croissance rapide en fait également une volaille intéressante pour la production de viande.
Pour les populations de Kisangani et de la Tshopo, l’enjeu est surtout de diversifier une offre avicole encore fortement dominée par la poule. Une étude menée à Kisangani en 2018 montre que les canards représentaient déjà 7 % des volailles recensées, tandis que les oies n’étaient pas encore présentes dans les élevages étudiés. Cela laisse entrevoir un espace pour introduire progressivement une nouvelle production avicole, avec des techniques d’élevage, d’alimentation et de santé animale mieux maîtrisées.
Pour DOKAS, l’oie peut ainsi devenir une véritable filière complémentaire : elle valorise les pâturages et certaines ressources agricoles, peut bénéficier des aliments produits par la provenderie et s’intègre dans un système associant agriculture, élevage et transformation. Au-delà de la viande, les plumes et le duvet constituent également des produits valorisables.
À l’échelle de la RDC, développer cette filière signifie surtout élargir la base de production de protéines animales, créer de nouvelles activités génératrices de revenus et réduire la dépendance à une seule espèce avicole. L’objectif de DOKAS n’est donc pas simplement d’élever des oies, mais de tester et structurer une filière encore peu exploitée à Kisangani, en s’appuyant sur les ressources du territoire et sur un modèle agricole intégré.